Expulsions de squats à Bordeaux

Publié le 24 Juillet 2019

Les dernières expulsions de squats de migrants et les revendications parfois légitimes mais souvent angéliques des militants et politiques font que j'ai eu envie de vous apporter quelques précisions.

Je dois avouer que si je connais parfaitement la situation des roms migrants bulgares ou roumains je n'ai aucune connaissance de la situation des demandeurs d'asile, réfugiés et autres migrants africains. J'essaierai de m'informer et je vous en parlerai plus tard.

Cependant, mon expérience de militant associatif, politique mais aussi de professionnel ayant travaillé pendant plusieurs années auprès des roms vivant en habitat précaire me font dire que si les expulsions de squats sont parfois nécessaires elles doivent s'accompagner d'un certain nombre de mesures pour favoriser l'intégration de cette population.

Je me suis toujours battu pour l'accès à l'eau pour les habitants des squats et je me suis souvent retrouvé bien seul dans cette démarche. Seule la mairie de Bordeaux a accédé à cette demande et cela depuis 2007 certainement par souci d'humanité mais aussi par la pression amicale de Médecins du Monde et de la presse où j'avais alors quelques contacts.

En cette période estivale et en particulier depuis le début de la canicule, je trouve malvenu le moment de procéder à des expulsions sans solution de relogement au moins pour les personnes vulnérables comme les personnes âgées, les enfants ou les personnes ayant des problèmes de santé.

Il est évident que la collectivité n'a pas vocation à reloger toutes les personnes vivant en squat mais elle doit contribuer à leur intégration par le travail ce qui leur permettra, comme tout le monde, de se reloger en payant un loyer, les fluides et autres charges.

Mais pourquoi des expulsions en ce moment ? 

Tout d'abord, quand il fait chaud, les citoyens sont moins choqués qu'en hiver, les militants associatifs sont moins mobilisés car beaucoup sont en vacances et en cas d'expulsion les roms repartent dans leur pays pour revenir en septembre pour les vendanges et quelques autres raisons dont je vous parlerai ultérieurement.

Et les politiques dans tout ça ?

Il y a ceux qui sont impliqués depuis longtemps auprès de cette population ainsi que des gens qui les accompagnent et puis il y a ceux qui font de la récupération et qu'on n'entend que lorsqu'il y a un article dans la presse. Je ne donnerai pas de noms (pour l'instant) parce que la liste est longue mais sachez que souvent l'action et la solidarité n'est pas là où on l'attend.

Je pense, donc, qu'il est urgent d'arrêter les expulsions des squats en attendant un diagnostic social digne de ce nom, de mettre en place des points d'eau ainsi que des containers poubelles pour éviter les rats et les maladies et responsabiliser les habitants des squats afin qu'ils respectent les règles d'hygiène et de vivre ensemble et en harmonie avec les riverains qui n'ont pas à subir les nuisances, sonores ou olfactives, que ces situations engendrent.

Cette période estivale, où beaucoup de gens rentrent au pays, devrait être mise à profit pour préparer les expulsions quand elles sont nécessaires et mettre hors de nuire les réseaux qui chaque année font venir un nombre important de personnes à qui ils font payer l'installation dans les squats, la recherche d'emploi et le transport sur les lieux de travail ainsi que l'ouverture des droits sociaux.

Il est temps de sortir du tout expulsion parce qu'il faut expulser comme il est temps de sortir de l'angélisme où se trouvent certains défenseurs de ces populations qui croient que tout le monde est beau et gentil.

A suivre...

Rédigé par Mouette Rieuse

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